Comment expliquer l’inexplicable aux enfants?

Des ressources pour parler avec les enfants

Enseignants, chefs d’établissement, animateurs, parents, tous sont confrontés à la fcpe bois-colombesdifficulté de parler avec les enfants des terribles attentats qui se sont produits dans la soirée du 13 novembre à Paris. Nous vous proposons ici des liens vers des ressources pour y réfléchir avant ou avec eux, dont plusieurs datent de janvier dernier. (dossier complet:  http://www.cahiers-pedagogiques.com/Des-ressources-pour-parler-avec-les-enfants )

  • Comment parler des attentats avec les enfants ?

Le Parisien (extraits) »Les attentats de Paris et de Saint-Denis sont dans toutes les conversations, tous les textos. Lundi, les enfants en parleront nécessairement entre copains dans la cour de leur établissement scolaire. Il est dès lors essentiel d’en discuter à la maison, dès ce week-end. S’il y a une leçon qui a été donnée par les attentats des 7 et 9 janvier, c’est qu’il ne faut absolument pas cacher ces événements aux enfants.

Parler. C’est un conseil unanime. Même si les enfants sont petits, cela ne souffre aucune discussion. La psychanalyste Claude Halmos (*) est formelle : « Les enfants sentent l’angoisse des adultes ; ils surprennent les conversations des grandes personnes. Et, dès lundi, à l’école, ils verront peut-être des images, déformées par les conversations des autres enfants. Il faut, pour affronter tout cela, qu’ils aient en eux une information raisonnable. » Oubliez l’idée d’une recette posée et distancée : « Il n’y a pas de façon idéale de le faire », insiste la psychanalyste. « Nous-mêmes, adultes, psy ou pas, sommes tous extrêmement bouleversés. Mais ce qui est certain, c’est qu’à partir du moment où l’adulte parle à l’enfant, il sait qu’en retour il pourra poser des questions. »

Donner « un cadre raisonnable ». Il faut éviter que de retour de l’école lundi soir, ils aient déjà eu le temps d’imaginer des scénarios plus spectaculaires, donc plus effrayants, que la réalité. Il faut dire la vérité qui est terrible, sans paniquer, parler le plus sobrement possible. On peut donc dire que des hommes exceptionnellement méchants ont tiré sur des gens, qu’ils ont tué beaucoup de personnes dans des restaurants, une salle de concert.

Pas de détails sur la violence des assauts, l’aveuglement des tireurs, ni les mouvements de panique ou les attaques suicide inédites dans Paris.  De même avant 8 ans, inutile de parler de Daech, des exactions des jihadistes en Irak et en Syrie, de religions ou de la diplomatie de la France. Une leçon de géopolitique n’ajoutera qu’à la confusion d’enfants trop jeunes pour comprendre. En revanche, il est essentiel, pour éviter une anxiété supplémentaire, de dire que les assaillants sont morts. Et que des blessés vont s’en remettre.

A ceux qui demandent pourquoi des terroristes s’en prennent à la France, on peut leur répondre très simplement pour faire peur et imposer leurs idées. Que ces jeunes gens, qui n’ont que quelques années de plus qu’eux, « étaient des crédules manipulés, la proie de toutes les croyances possibles, y compris qu’ils gagneraient le paradis en faisant cela », poursuit Halmos.

Que faire des images ? Clairement, s’agissant d’enfants de moins de 6 ans, la psychanalyste recommande de les proscrire absolument. « Elles sont beaucoup trop violentes. » Pour les plus grands qu’il est peut-être difficile de tenir éloignés des téléviseurs, « soyez à leurs côtés » s’ils les voient.

Quant aux adolescents, difficile d’imaginer qu’ils y échappent, quand ils étaient les premiers, vendredi soir, hypnotisés par le flot d’infos et d’images qui se déversait entre télés et réseaux sociaux, à l’affût — pour les Parisiens — des nouvelles de leurs copains. Face à ce raz de marée d’images et d’émotions, les adolescents ont aussi besoin qu’on leur parle pour qu’ils comprennent qu’on est avec eux. « Avec eux, ce doit être comme entre adultes, c’est-à-dire sans cacher notre propre peur. »

Autoriser ses enfants à poser des questions. Il ne faut surtout pas conclure la conversation d’un « c’est très triste, n’en parlons plus ». Les enfants ont l’absolue nécessité de s’interroger pour libérer les tensions qui les agitent. Les méchants peuvent-ils revenir ? Ils sont morts. Les méchants s’en prennent-ils aux enfants ? Papa et Maman s’organisent pour que vous ne soyez jamais seuls, et toujours avec des gens en qui nous avons confiance. « S’il pose des questions sur le sang, les morts, précise Claude Halmos, on lui dit que c’est suffisamment grave, qu’on n’a pas envie d’aborder ces aspects là ».

Les adolescents, plus soucieux de discuter et d’échanger qu’on ne croit, sont en mesure de comprendre les notions de domination terroriste et de déviation religieuse. A ce titre, la tuerie de Charlie Hebdo était sans doute plus simple à expliquer, de même que la marche du 11 Janvier, car il était plus question d’indignation. Depuis le 13 novembre, il est plus question de peur, et il est impossible de faire abstraction de ce sentiment, aussi incontrôlable pour les adultes que pour les enfants. « On ne peut en effet pas dire aujourd’hui à un adolescent : Ne t’inquiète pas, cela ne recommencera pas. L’horreur, que d’autres vivent déjà dans d’autres pays, que d’autres ont vécue ici avant nous dans le passé, est totale pour nous aussi. Mais on peut leur dire que l’on va devoir inventer ensemble notre façon de faire face. »

Mettre des noms. En janvier, bien des parents avaient été surpris que le nom des frères Kouachi circule à la vitesse de l’éclair dans la cour de l’école. Nommer les agresseurs permet aux enfants de penser à des individus, quelques uns peut-être, mais pas tous les gens que l’on croise. Ils obtiendront des noms par le bouche à oreille, des noms qui ne sont pas tabous.

Ne pas hésiter à employer le mot de « guerre ». « On explique que des gens qui veulent faire la guerre dans un pays qui ne l’est pas sont venus faire la guerre en France ». « Il ne faut pas être dans l’évitement sémantique », poursuit la psychothérapeute Hélène Romano, spécialistes de la gestion des traumatismes, sur BFM TV. Selon elle, l’expression « acte de guerre » permet de comprendre pourquoi il y a tant de militaires en arme dans la rue.

En revanche, mieux vaut éviter le mot « fou » pour que les plus petits ne fassent pas d’amalgame avec le monsieur un peu borderline qui chante été comme hiver à son balcon. Inutile de les pousser à se méfier de tous. »

Article complet: http://www.leparisien.fr/laparisienne/societe/enfants/attentats-de-paris-comment-en-parler-aux-enfants-14-11-2015-5276891

Analyses:

Vidéo de Serge Tisseron : « Faut il parler des attentats aux enfants ? »

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Une interview de la pédopsychiatre Catherine Jousselme Okapi

Claude Halmos dans Psychologies : « Attentats à Paris : que dire aux enfants »

Une interview d’Agnès Florin dans le Café Pédagogique : « Que faire Lundi Matin ? »

Edwige Chirouter : « Rassurer, consoler puis réfléchir : comment parler des attentats aux enfants ? »

Hélène Romano : « Attentats à Paris : il faut parler de « guerre » aux enfants. Cacher la vérité est une erreur » (sur le site de L’Obs)

Dans la presse:

« Comment parler des attentats de Paris aux élèves ? Des profs témoignent » (Rue89 et L’Obs)

« Attentats à Paris : comment en parler aux enfants ? » (Le Monde)

« Comment éviter que les enfants aient peur du terrorisme ? » (L’Express)

« Attentats : comment en parler à vos enfants » (La Voix du Nord)

« Comment parler des attentats à ses enfants ? » (Slate.fr)

« Attentats de Paris : comment réagir face aux questions des enfants ? » (La Croix)

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